Club littéraire du 21 mai 2024 : thème « Santé / Médecine » et autres lectures

Roman adulte

Le choeur des femmes Martin Winckler

P.O.L.

Jean Atwood, interne des hôpitaux et quatre fois major de promotion, vise un poste de chef de clinique en chirurgie gynécologique. Mais au lieu de lui attribuer le poste convoité, on l’envoie passer son dernier semestre d’internat dans un service de médecine consacré à la médecine des femmes – avortement, contraception, violences conjugales, maternité des adolescentes, accompagnement des cancers gynécologiques en phase terminale. Le Docteur Atwood veut faire de la chirurgie, et non passer son temps à écouter des femmes parler d’elles-mêmes à longueur de journée. Ni servir un chef de service à la personnalité controversée. Car le mystérieux Docteur Karma – surnommé « Barbe-Bleue » – séduit sans vergogne, paraît-il, patientes et infirmières et maltraite sans pitié, dit-on, les internes placés sous ses ordres. Pour Jean Atwood, interne à la forte personnalité et qui brûle d’exercer son métier dans un environnement prestigieux, le conflit ouvert avec ce chef de service autoritaire semble inévitable.

MON POINT DE VUE :
Il faut lire ce livre, hommes ou femme !
Dès le début, on pense avoir compris la trame : une jeune interne qui major de sa promo n’entend pas se laisser mener dans un service par un simple gynéco à la réputation peu flatteuse… donc on suit la progression et l’évolution avec intérêt, et surtout on découvre, les difficultés féminines liées à la conception et à la grossesse et surtout la façon dont elles les
ressentent, et les expriment face à la perception du corps médical qu’il soit féminin ou souvent masculin.
J’ai bien aimé la construction de ce récit qui mélange des interlocuteurs différents mais aussi des chansons, des extraits de textes…
Il y a une quantité de considérations sur la pratique en gynéco (les étriers, par exemple !) et surtout un respect pour les femmes qui devrait bien être suivi par nos brillants gynéco français.
C’est un livre gai, plaisant et agréable à lire et tellement positif !

Geneviève
Roman adulte

De battre la chamade Sophie Tal Men

Albin Michel

Ce roman est gentillet, il raconte l’histoire de Marie Lou, qui travaille en neurologie à Quimper, et qui est amoureuse de Mathieu.
Voilà, c’est l’essentiel de cette histoire de chassé-croisé amoureux.
Des patients, une équipe hospitalière, un père qui s’est absenté après une sordide histoire.
On lit un peu sur le milieu hospitalier alors que le résumé cite « un portrait sans fard du monde hospitalier » ; un médecin peu probable est décrit, les internes qui font toujours la fête .
Bref, je n’ai pas été séduite par ce livre

Michelle G.
Roman adulte

La fille de l'Ogre Catherine Bardon

Les Escales

ROMAN documenté qui a pour personnage principal et narratrice Flor de Oro Trujillo,  fille de l’ogre qui a régné de 1930 à 1961 en dictateur sanguinaire sur la République Dominicaine.

Les dominicains exilés ou que l’Ogre chargeait de missions à l’étranger, pouvaient au gré de sa politique et des informations fournies par son réseau, être promus ou désavoués, subir des manipulations, intimidations et même plus.

Sa fille dans ce livre raconte et analyse toute sa vie de l’enfance à sa mort.

Elle décrit sa dépendance affective névrotique à son père, qui la manipule, l’humilie, la terrorise comme il terrorise tous les dominicains et même sa mère dont il se sépare après la naissance de Flor de Oro. L’ogre aura d’autres enfants légitimes et adultérins.

Il intervient fermement dans 7 sur 9 de ses mariages etiIl maintient sur elle un contrôle et une dépendance financière très importante. Flor de Oro mène  une vie luxueuse dans beaucoup de pays du monde avec ses maris.

8 mariages, qui se terminent pour certains rapidement par des divorces.

Trompée sans vergogne  par son premier amour – un playboy diplomate-espion, elle se réfugie dans le tourbillon de fêtes, l’alcool, le tabac, le luxe. Elle reste très attachée à son île, à sa mère, désapprouve la brutalité de son père mais ne peut se départir d’un amour inconditionnel pour lui.

Nicole
Roman adulte

Les conditions idéales Mokhtar Amoudi

Gallimard

Livre autobiographique de l’auteur qui a vécu dans les cités de la ceinture parisienne.
Le narrateur se nomme Skander. Placé par les services de L’aide sociale à l’enfance dans des familles d’accueil dès l’âge de 2 ans: rassurante et structurante pour la première, un peu moins idéale quant à
la seconde pour un enfant puis un ado qui aurait besoin de repères et d’affection.
Sa mère conserve l’ autorité parentale et malgré son mode de vie particulier, Skander l’idéalise et a pour elle une véritable affection.
Tout au long du livre il décrit ses autres points de repères bienveillants et aidants :
> l’Assistante Sociale ( son ange gardien dit-il ), la directrice de l’ASE,
puis plus tard à travers les relations qu’il noue « dans un autre monde que celui des cités »:
> La vie communautaire dans un village marocain,
> en France un sociologue, un juriste, le juge
Qui est Skander tout au long du livre?
Dès sa scolarisation il démontre son potentiel intellectuel, sa lecture préférée est le dictionnaire, curieux de tout, il a de brillants résultats et puis patatras ! Il doit changer de famille d’accueil, de cité.
Désormais livré à lui-même, son parcours chaotique commence. Pour se conformer aux lois des groupes de jeunes de la cité, il se désocialise, est exclu des voyages scolaires puis définitivement du collège. Il adoptera des combines pour se procurer de l’argent, même pour sa mère qui assure quand-même son droit de garde dans des conditions bien particulières.
Son potentiel intellectuel n’est pour autant pas mis en veilleuse : il communique tout au long du livre son analyse parfois naïve , le plus souvent pertinente dans un langage fleuri de toutes les situations heureuses, problématiques, dangereuses qu’il vit au quotidien. Il décrit avec beaucoup de finesse ses sentiments, les injustices, les fonctionnements des personnes qu’il côtoie: chez sa mère, dans ses familles d’accueil, en colo, dans son quartier etc… Il sait exploiter les failles qu’il découvre dans le fonctionnement des personnes et des groupes pour survivre.
Son ange gardien Mme Davert et Mme Baer la directrice ASE interviendront in extrémis, lui éviteront le pire.
C’est un roman assez sombre sur la vie dans les cités, les défaillances de certaines familles d’accueil ASE, et de l’exercice du droit de garde des parents en l’occurrence ici sa mère, mais c’est aussi un roman réconfortant sur la possible résilience d’un enfant qui reste bienveillant, affectueux et qui se mobilisera pour son avenir.
Cette lecture a été pour moi la résurgence de souvenirs d’une vie professionnelle dans des quartiers qualifiés de difficiles, avec des familles, des personnes dysfonctionnelles, borderlines, au parcours chaotique.

Nicole